Le 21 décembre, nous avons fêté les 20 ans de Clémentine, quel bonheur !
Une année de plus qui vient de passer et je regarde ma grande fille, je vois combien elle a changé, muri, grandi. Elle est belle, vous allez me dire que je ne suis pas objective, mais aucune maman ne doit l'être d'ailleurs ;chaque jour apporte son petit bonheur tout comme son petit "couac" parce que nous aimons chercher la perfection... mais avoir la chance de serrer ses enfants dans ses bras chaque jour qui passe est un grand bonheur et ce n'est pas définissable. J'aime les mots, l'écriture car elle permet de décrire et transmettre des émotions, de s'évader, de rêver et bien d'autres choses encore mais arriver à décrire ce que nous ressentons, face à ce sentiment si intense quand nous prenons cet enfant dans nos bras, ce bébé si grand que nous avons cru perdre... décrire cette joie mêlée à des sentiments confus car le souvenir de sa douleur ne s'efface pas et s'il s'estompe, la joie est moins forte. Difficile de dire que nos sentiments sont exacerbés par la douleur mais c'est exact, nous ressentons les petites joies bien plus fortes tout comme nos douleurs.
Un jour passe et le 22 décembre ne sera jamais plus le même !
Notre amie Valérie est tombée malade un an après celle de Clémentine, même leucémie, même greffe mais une fin bien différente...
Ce n'est pas une amie de l'hôpital, non, c'est une amie de Compiègne, son mari fait de la moto avec le mien et nous avons essayé de la soutenir car, comme pour notre fille, nous avons cru en la rémission...
L'espoir fait vivre mais cela n'a pas été suffisant.
Nous sommes allés la voir, à l'hôpital de Compiègne et quand nous avons franchi la porte, ce 22 décembre, je ne l'ai pas reconnue... Ce n'était plus Valérie ; elle n'ouvrait plus du tout les yeux, respirait difficilement et nous sommes ressorti immédiatement avec sa fille, pour lui apporter le peu de réconfort en ces moments là. Pendant nos larmes et nos étreintes autour d'un coca, dans une cafeteria insipide, Valérie s'est éteinte laissant derrière elle sa fille, de 16 ans, seule, désemparée, perdue et si malheureuse.
Toujours ce sentiment d'impuissance si fort.
Pour nous, elle est partie, c'est douloureux mais nous surmonterons mais pour son mari, pour sa fille, c'est tout autre chose et ils vont côtoyer la douleur chaque jour, le temps va prendre son temps pour leur permettre un jour de souffler ; les autres ne vont pas les comprendre, ils vont se sentir seuls, perdus et nous.... nous resterons avec notre impuissance, face à la douleur parce que les mots permettent tant de choses mais pas celle-ci, face à la mort, les mots semblent futiles, inutiles...
Demain sera un autre jour.










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